A Tombouctou, des vendeurs ambulants venus du Bangladesh

On pouvait les croiser sur les grandes artères à Bamako faisant concurrence aux vendeurs ambulants locaux, sur les bords des goudrons. On les croyait cantonner à Bamako et dans certaines grandes villes du Sud du Mali. Mais que ne voit-on pas sous nos latitudes, depuis quelques mois ? L’improbable ! Des dizaines de vendeurs ambulants d’Asie. Ils viennent d’Inde, du Bangladesh ou du Pakistan pour beaucoup. Mais, ici tout le monde les appelle « Indiens ».

Des vendeurs de rue "indiens" à Tombouctou. Crédit : Aubia.
Des vendeurs de rue « indiens » à Tombouctou. Crédit : Aubia.

Car ils ressemblent étrangement aux acteurs des films et séries indiens, ceux de Bollywood. Ces acteurs, qui depuis quelques années ravissent la vedette aux acteurs de série télé nolevas brésiliennes et mexicaines. Pendant que les Occidentaux désertent le nord du Mali, leur gouvernement  nous place en zone rouge, ces « Indiens » sont devenus nos nouveaux touristes. Ces derniers vendent à la sauvette des téléphones portables et autres gadgets. A voir leur attitude plutôt habituelles, comme celles des autres marchands de rue, ils ne semblent nullement préoccupés par le contexte d’insécurité qu’est le nôtre.

Des gadgets chinois pour marchandise

 

Drapés de leur traditionnel habit, gibecière à bandoulière, les mains pleines de téléphones de marque Androïd. Ils arpentent marchés, rues et ruelles. Souvent, ils n’hésitent pas à pousser la porte de l’habitant pour lui proposer leurs gadgets tout droit venus de la Chine.

Alors, vous vous demandez surement : comment font-ils pour communiquer ? Puisque nos nouveaux vendeurs ne comprennent que l’Hindi ou l’Anglais, car  ici très peu des personnes parlent la langue de Molière, et encore moins celle de Shakespeare.

Un marchand ambulant venu d'Asie, au Mali. Crédit : Aubia.
Un marchand ambulant venu d’Asie, au Mali. Crédit : Aubia.

Marchandage en langue des signes

Mais la langue ne constitue nullement une barrière. Car ils s’avèrent être des redoutables négociateurs, il faut les voir en plein marchandage. Ils usent et abusent de tous ce qu’ils ont à porter de mains pour se faire entendre : des onomatopées, des mimes, des signes de la main, expressions  imagées et d’interminables échanges des OUI et des NON.

En tout cas, ici tout le monde achètent ces gadgets. Beaucoup, pour une miette, y trouvent leur compte. Enfin, pour un temps, car gardons à l’esprit que ces objets viennent de la Chine. Ici, il est de notoriété publique que tout ce qui vient de ce pays, a une durée de vie relativement courte. Les plus chanceux n’en profiteront que pendant deux mois au plus.

Pourtant, pendant ce temps, personne ne s’interroge sur les motivations de ces nouveaux hôtes « indiens ». Tout de même, il me paraît étrange de venir se faire de l’argent dans un pays classé parmi plus les plus pauvres du monde, et en guerre. De surcroît, ces vendeurs travaillent souvent dans le grand Nord, l’épicentre où se situe l’épicentre de la crise.

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